Soins cheveux bio : ce que garantit vraiment un label
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Soins cheveux bio : ce que garantit vraiment un label

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Un masque « bio », une huile « naturelle », un soin sans rinçage « d’origine naturelle » : sur les rayons capillaires, les mentions se ressemblent et ne disent pas la même chose. Le mot bio obéit à des règles précises, fixées par l’administration et complétées par des labels privés, et un pourcentage affiché peut paraître bas pour de bonnes raisons. Voici comment lire un soin cheveux bio, le choisir selon votre chevelure et savoir ce que le label ne promet pas.

Ce que « bio » veut dire sur un soin capillaire

Première surprise : la réglementation européenne de l’agriculture biologique encadre les ingrédients, pas le produit cosmétique fini. La DGCCRF le rappelle dans sa fiche pratique consacrée aux cosmétiques bio et naturels : les ingrédients ou matières premières biologiques doivent être certifiés selon les règles de l’agriculture biologique, par un organisme de contrôle agréé par l’INAO ou reconnu au sein de l’Union européenne.

Sur l’étiquette d’un soin capillaire bio, la règle tient en deux cas. Si la totalité des ingrédients est biologique, l’allégation « biologique » peut désigner le produit dans son ensemble. Si le taux global est inférieur, il doit être indiqué ; à défaut, le mot « biologique » ne peut figurer qu’à côté des ingrédients concernés, pour que personne ne croie tout le produit bio alors qu’il ne l’est pas.

Conséquence pratique : un pot qui affiche « bio » en grosses lettres sans aucun pourcentage mérite une lecture attentive du dos. Le chiffre, ou la liste des ingrédients marqués comme biologiques, dit ce que le devant du pot résume.

Pourquoi l’eau fait chuter le pourcentage bio

Le deuxième piège se cache dans la composition. L’eau de formulation n’est pas bio, car elle n’est pas un produit de l’agriculture : la DGCCRF précise qu’elle est assimilée à un minéral, et l’organisme certificateur Ecocert rappelle que l’eau et les minéraux ne peuvent pas être certifiés biologiques. Un soin très fluide, riche en eau, affiche donc mécaniquement un taux de bio plus bas, sans que cela signifie un effort moindre sur ses ingrédients végétaux.

Le type de soin change la lecture du chiffre :

Type de soinPrésence d’eauCe que devient le pourcentage bio
Huile végétale pureAucunePeut couvrir la quasi-totalité du produit
Beurre végétal purAucuneMême logique que l’huile
Masque ou après-shampoing en crèmeÉmulsion avec eauPlus bas, l’eau pèse dans le total
Lotion ou brume sans rinçageBase souvent aqueuseSouvent le plus bas des quatre

Petite carafe en verre versant une huile végétale dorée dans une coupelle en céramique, fleurs séchées sur un plan en bois clair

La DGCCRF signale un cas d’école, l’aloe vera, très présent dans les soins bio et naturels. Pour des raisons de logistique et de coût, il est souvent acheté en poudre, issue du gel ou des feuilles déshydratés, puis réhydraté. La liste des ingrédients fait alors apparaître séparément l’eau de réhydratation et la poudre, chacune à sa place selon son poids, et la poudre de feuille ne porte pas le même nom INCI que le jus ou le gel.

Les labels : ce qu’impose COSMOS

Au-delà de la règle administrative, des labels privés certifient les produits finis selon leur propre cahier des charges. La DGCCRF décrit cette certification comme volontaire et de second niveau : elle suppose que les ingrédients biologiques aient d’abord été certifiés au titre de la réglementation. Les labels prévoient en général l’indication des pourcentages incorporés, ce qui aide à comparer deux pots.

Le référentiel COSMOS illustre ce fonctionnement. Il est né du rapprochement de cinq organismes européens engagé en 2002 : BDIH en Allemagne, Cosmebio et Ecocert Greenlife en France, ICEA en Italie et la Soil Association au Royaume-Uni. Le standard commun a été publié en 2010 et il est porté par une association internationale sans but lucratif de droit belge. Il distingue deux signatures :

  • COSMOS Organic : au moins 95 % des ingrédients végétaux doivent être biologiques, et au moins 20 % de la formule totale, seuil abaissé à 10 % pour les produits rincés.
  • COSMOS Natural : tous les ingrédients sont d’origine naturelle, à l’exception d’une liste restreinte d’ingrédients autorisés en petite quantité, conservateurs compris, sans pourcentage minimal de bio.

Les cahiers des charges excluent aussi, en général, certaines substances ou techniques, ou ne les tolèrent que sous conditions, souvent pour cause d’impossibilité technique. La DGCCRF cite les ingrédients d’origine pétrochimique, certains ingrédients écartés pour des raisons environnementales comme l’huile de palme, et des procédés comme l’ionisation ou l’éthoxylation. Les exigences varient d’un référentiel à l’autre : un logo ne se lit qu’avec son propre cahier des charges.

Bio, naturel, d’origine naturelle : trois mentions distinctes

Les trois expressions ne se valent pas. Selon la DGCCRF, les termes « naturel », « dérivé de naturel » et « d’origine naturelle » ont des significations propres, encadrées par des normes. La référence en la matière est la norme ISO 16128 : sa première partie, publiée en 2016, définit les catégories d’ingrédients naturels et biologiques, et la seconde, publiée en 2017, donne la méthode de calcul des indices d’origine naturelle et biologique d’un produit.

Cette norme n’est ni un label ni une loi. La DGCCRF souligne qu’elle ne donne pas de définition autonome du bio, puisqu’elle renvoie pour cela à la législation nationale ou aux normes internationales : la certification réglementaire des matières premières biologiques s’applique donc toujours. Un ingrédient biologique peut en outre être transformé, physiquement ou chimiquement, dans les limites fixées par la norme ou par les labels ; cette transformation peut faire baisser son pourcentage de bio, et le total du produit doit en tenir compte.

Toutes ces mentions restent des allégations au sens du droit cosmétique. Le règlement (UE) n° 655/2013 leur impose six critères communs : conformité avec la législation, véracité, éléments probants, sincérité, équité et choix en connaissance de cause. Une mention d’origine naturelle chiffrée doit donc pouvoir être justifiée par son fabricant.

Lire la liste INCI d’un soin bio

La liste des ingrédients, rédigée selon la nomenclature INCI, reste le document le plus fiable du pot. Le règlement (CE) n° 1223/2009 impose de classer les ingrédients par ordre décroissant d’importance pondérale ; ceux présents à moins de 1 % peuvent suivre dans un ordre quelconque. Quatre réflexes suffisent pour la lire :

  1. Regarder le premier ingrédient : s’il s’agit de l’eau (aqua), le pourcentage bio sera limité, sans que ce soit un défaut.
  2. Repérer les ingrédients signalés comme biologiques, à côté de leur nom, et situer leur rang dans la liste.
  3. Chercher le pourcentage global de bio, et le pourcentage d’origine naturelle quand il est affiché, en gardant en tête qu’ils ne mesurent pas la même chose.
  4. Vérifier le logo : un label renvoie à un cahier des charges consultable, une simple mention « bio » en façade n’engage que la règle générale.

Mains tenant un flacon de soin capillaire neutre retourné, avec une étiquette blanche vierge, dans une salle de bain lumineuse

Cette lecture évite deux erreurs opposées. La première consiste à écarter un masque parce que son taux de bio paraît faible, alors que l’eau en explique l’essentiel. La seconde, à faire confiance à un flacon couvert de feuillage et de vert, dont la liste d’ingrédients ne signale aucun composant biologique.

Choisir un soin bio selon ses cheveux

Le label ne remplace pas le diagnostic de la chevelure. Il répond à une question d’origine des ingrédients, pas à celle du besoin de vos cheveux. Quelques repères pour croiser les deux :

  • Longueurs sèches ou pointes rêches : les huiles et beurres végétaux purs sont les soins où le bio peut couvrir la quasi-totalité du produit. Leur usage sur fibre sèche est détaillé dans notre article sur les soins pour cheveux secs, et la porosité des cheveux indique la texture à privilégier.
  • Racines grasses : un soin léger, posé sur les longueurs seulement, évite d’alourdir le cuir chevelu. Les gestes propres à ce cas figurent dans notre article sur les soins des cheveux gras.
  • Cuir chevelu sensible : la liste INCI compte plus que le logo, en particulier pour les huiles essentielles, dont l’usage demande des précautions décrites dans notre article sur les huiles essentielles pour le cuir chevelu.
  • Cheveux colorés : les colorations d’origine végétale obéissent à leur propre logique, expliquée dans notre article sur la coloration naturelle au henné et aux plantes.

Pour les produits rincés, masques et après-shampoings, le seuil de 10 % de COSMOS Organic explique pourquoi deux soins certifiés peuvent afficher des taux très différents d’un soin sans rinçage à l’autre.

Chevelure châtain vue de dos, deux mains appliquant un masque crème blanc sur les longueurs, lumière douce de salle de bain

Ce que le label bio ne garantit pas

Un logo bio certifie l’origine et le mode d’obtention des ingrédients. Il ne dit rien de plusieurs qualités volontiers prêtées aux soins bio.

L’efficacité, d’abord : aucune certification ne mesure la brillance, la douceur ou la tenue d’une boucle. Ces promesses relèvent des allégations, soumises aux critères du règlement de 2013 et à la preuve du fabricant, bio ou non.

La tolérance, ensuite. Un ingrédient d’origine naturelle peut irriter ou provoquer une allergie. Le règlement cosmétique impose de nommer sur l’étiquette certains allergènes parfumants au-delà d’un seuil, quelle que soit leur origine : un extrait végétal n’y échappe pas. Un test préalable sur une petite zone reste une précaution de bon sens avant un nouveau soin.

L’absence de conservateur, enfin. Les référentiels COSMOS autorisent une liste restreinte d’ingrédients, conservateurs compris, en petite quantité. Un soin contenant de l’eau a besoin d’être protégé des micro-organismes, et c’est une bonne chose pour qui l’utilise pendant des semaines.

Quant à la sécurité, elle ne dépend pas du label : tout produit cosmétique vendu dans l’Union européenne, bio ou non, relève du règlement (CE) n° 1223/2009, qui fixe les obligations du fabricant avant la mise sur le marché.

Prochaine étape : retournez les deux soins capillaires que vous utilisez le plus et relevez, pour chacun, le premier ingrédient, le pourcentage de bio affiché et le logo éventuel. Ces trois informations suffisent à savoir si le mot bio de la façade correspond au contenu du pot.

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